Introduction
Fort-Archambault
ou Sarh désigne
une même cité. C'est l'actuel chef de
département du Barh Koh.
De nombreux problèmes environnementaux se posent
dans la
ville de Sarh. Il s'agit des déchets ménagers,
les
excrétas, l'expansion de la ville, de l'exode rural, et la
pauvreté…
A Sarh, les
immondices s'entassent.
Le tas d'ordures ménagères constituent
le
siège de la reproduction des mouches, moustiques, les
blattes,
les rats et les cafards nuisibles à la santé de
l'homme.
Ainsi, les moustiques, les mouches, les blattes et les rats sont des
vecteurs de nombreuses maladies telles que la diarrhée, la
dysenterie, les diverses helminthiases, (parasites, vers..) la
poliomyélite, la fièvre typhoïde et le
paludisme.
Le
non-respect des
règles
d'hygiène (c'est à dire aux principes
enseignés dans la bible) est à l'origine de ces
maladies.
Cependant, l'hygiène individuelle et collective (autrement
dit
la mise en pratique des principes de Dieu) sont
indispensables pour combattre ces fléaux. Or, il
est
à noter que la plupart de la population
(chrétienne ou
non) inconsciente ignore les causes de ces maladies dues à
l'insalubrité.
Devant
cette situation, une
population
informée, sensibilisée,
éduquée et
formée peut prendre conscience du danger et assainir son
milieu.
A commencer par les chrétiens avec des enseignements de
l'hygiène par le biais de la parole de Dieu.
Soyons conscients aussi que la
population
à elle seule ne peut pas assurer entièrement la
salubrité de sa ville. C'est
donc
par un travail sur plusieurs niveaux qu'une solution durable peut
être apportée et par l'action de tous les acteurs
impliqués dans la salubrité de cette ville.
Situation géographique
La ville de Sarh
est le premier
centre urbain développé dans le sud du Tchad dans
un site
rétréci entre deux fleuves (le Chari et
le Barh Koh) soumis
par ailleurs à des
phénomènes d'inondation
sur certains de ses côtés, elle ne peut se
développer au Nord Ouest ou en bordure du Chari et du
côté du Barh Koh.
Mais il est à noter la
tendance au développement anarchique de la ville en milieu
inondable. La ville de Sarh est située sur un grand axe
routier
(majoritairement piste et inondé pendant la saison des
pluies)
et est distante de 660 km de Bangui et 130 km de la
frontière
Centrafricaine ; de 600 km de N'Djaména et 300 km de
Moundou.
Sarh est un nœud de communication important qui
contrôle la
route vers Bangui à partir des routes de Moundou
et
N'Djaména. La ville se trouve en bordure Ouest du Chari et
en
bordure Est du Barh
Koh dans une plaine
d'environ 2217 hectares.
Le relief
est une vaste plaine d'altitude moyenne se situant à 370 m.
c'est une zone de plaines d'accumulation inondables. Le
relief
n'est remarquable que pendant la saison des pluies
où il
est aisé de distinguer les zones inondables de celles qui ne
le
sont pas. Le sol
est essentiellement constitué de sable et d'argile ce qui
rend
difficile la circulation (pas de goudron) et favorise l'inondation. Il
est constitué parfois de calcaire recouvert d'argile. La
végétation:
C'est une vaste plaine, plus ou moins arborée. Actuellement,
la
formation végétale est constituée
essentiellement
des manguiers et des caïlcédrats dans le centre
urbain. Le climat
est celui de type tropical humide correspondant à la zone
soudano-guinéenne. Dans le climat tropical où la
pluviométrie dépasse 950 millimètres,
la saison
sèche dure approximativement 6 mois du
15 novembre
au 31 mai, mais ses limites sont très variables. C'est un
climat
relativement favorable à l'agriculture. Il résulte de ses
fortes pluies des
inondations très considérables avec de nombreuses
conséquences sur la population.
Quelques cartes
du Tchad et de Sarh
Démographie
En 1993, la ville
de Sarh, comptait près de 75000 habitants et aujourd'hui,
elle devrait avoisiner les 200000.
La population sarhoise est
relativement
contrastée : La majorité est composée
d'agriculteurs ou de travailleurs saisonniers de la CST (Compagnie
Sucrière du Tchad) qui occupent principalement les
quartiers périphériques. Le centre est
habité par
les commerçants.
Structure
administrative
La
commune de la ville de Sarh est divisée en 6 arrondissements
dont les responsables sont nommés par le Maire
(Président
du Comité de Gestion). Ils n'ont quasiment pas de
prérogatives administratives ou formelles. Ces
arrondissements
sont divisés en quartiers (29 au total) et
eux-mêmes
en carrés. Ces deux derniers échelons
relèvent des
autorités traditionnelles. Leurs chefs sont
nommés de
père en fils. Les
principales
instances de décisions de la mairie sont : Le
Comité de
Gestion, Le Président de ce Comité (Le Maire) et
le
Secrétaire Général. Les trois
sont
nommés par
décret en Conseil des ministres sur proposition du ministre
de
l'intérieur. Le Comité de Gestion est
composé
(comme dans les autres communes y compris N'Djaména) de
l'ensemble des chefs de service déconcentrés. Les
trois
ou quatre membres choisis directement par le Maire, appartiennent
également à l'administration. Il
s'avère que le
Comité de Gestion se réunit deux fois par an et
joue un
rôle plutôt consultatif que décisionnel. Les quelques
prérogatives
laissées à la mairie sont au fait très
largement
exercées par le Maire mais l'enjeu est limité en
raison
de la situation financière déficitaire de la
ville. En 1996,
les effectifs de la
mairie
étaient d'un agent pour 533 habitants. Leurs productions
dans
les taches de gestion urbaines étaient très
réduites (comme dans toutes les autres villes secondaires.)
Ils
se répartissaient à hauteur de 30% pour les
services
techniques, 30% pour la police municipale et les collecteurs et 40%
pour les services administratifs. Dans leur ensemble, les agents sont
rémunérés par la mairie même
les cadres qui
sont généralement
détachés des
ministères. Problématique
La ville de Sarh
s'étend donc
entre le fleuve Chari et le Bahr Kô sur des terrains
très
plats, en partie inondée par les crues du Bahr Kô.
La
difficulté d'évacuation des eaux du
fait de
très faibles pentes de terrain et compte tenu du
sable
à plus grande teneur en argile et de la proximité
de la
nappe phréatique amène la saturation du sol et du
sous-sol. Ces contraintes ont de nombreuses conséquences :
- Les maisons en
terre
s'écroulent, cela est dû au manque d'ouvrages de
drainage.
Les caniveaux existants sont à ciel ouvert et
non-maçonnés. Ils sont toujours
bouchés par
les ordures ménagères et autres
déchets solides
que déposent les femmes et les enfants inconscients. Les
cochons
et les enfants détruisent certains caniveaux
tracés soit
par la Mairie ou les Comités d'Assainissement.
Selon des enquêtes
qui ont
été faites en 2001, les eaux pluviales ont
causé
de nombreux dégâts : 185 maisons et 204 chambres
se sont
écroulées dans le 1er arrondissement de Sarh. Les
75
personnes sinistrées se retrouvent installés
d'une
façon encore plus précaire et exposés
aux
moustiques présentant un risque sanitaire. Les
piqûres de
ces moustiques pourraient causer donc le paludisme qui est
déjà très répandu dans ce
pays. - Les ordures
ménagères
s'entassent dans les rues et habitations. Elles posent de
sérieux problèmes compte tenu des moyens
limités
de la Mairie. La ville ne dispose que de quelques rares pseudos"bacs
à ordures " (4 murs de 80 cm de haut à ciel
ouvert). Dans
ces dépotoirs (et autour), les tas d'ordures grossissent
pendant
des mois, avant que le service de la voirie ne les ramasse.
Ces dépotoirs sont
bien entendu le
siège de la prolifération des agents
pathogènes
qui transmettent des maladies à la population en souillant
les
aliments. - Les
déchets liquides
(excréta) posent des problèmes de
santé. La
plupart des ménages pauvres se servent de trous dans le sol
pour
leurs déchets liquides. Ces trous s'écroulent en
saison
des pluies compte tenu de la nature du sol et de la remontée
de
la nappe phréatique. Les ménages ne disposant pas
de
latrines dans leur concession (près de la moitié
dans
certains quartiers) défèquent dans la nature
pendant le
jour ou discrètement la nuit dans les espaces tels que les
zones
non-construites et les constructions en ruines plus ou moins
abandonnées par leurs propriétaires. Cette
situation
présente sans aucun doute des risques sanitaires.
L'hygiène n'est pas assurée ce qui a pour
conséquence la propagation des maladies infectieuses et
parasitaires telles l'amibiase, l'ankylostomiase, la fièvre
typhoïde et le choléra.
- Le
problème d'appauvrissement
en eau potable se pose aussi très fortement. La
majorité
des concessions (en dehors du quartier résidentiel) ne
disposent
pas de robinets. (quand le quartier est desservi ce n'est pas le cas de
tous les quartiers) N'ayant pas des moyens financiers pour
s'approvisionner en eau courante (non-traitée mais qu'ils
considèrent comme potable) ces populations sont
obligées
d'avoir recours aux puits pour leurs besoins. Cette majorité
utilise l'eau du puits pour les travaux et dans le meilleur des cas
achète de l'eau de borne fontaine (robinet
géré
par les comités d'assainissement) pour la boisson.
L'eau de puits mal entretenue
due au manque
de sa protection par la margelle, la couverture et la
désinfection sont bien entendu dangereuse à la
consommation. Ceci pourrait augmenter encore les risques de contagion
microbienne ou parasitaire de l'eau. Puisque les eaux de
puits,
de surface et les déchets ménagers peuvent
communiquer
par le phénomène de ruissellement et
d'infiltration en
saison pluvieuse. - L'exode rural et
l'explosion
démographique font que la ville s'agrandit de plus en plus
à un taux de croissance de 4% par an. Ceci
entraîne les
conditions sanitaires les plus mauvaises liées aux
conditions
d'hygiène publique précaire au marché
et au
cabaret. Les aliments crus, directement consommables ne sont pas
couverts. Ils sont étalés à
même le sol. Les
vieilles calebasses non trempées dans l'eau bouillante sont
toujours utilisées pour servir la bière du mil
aux
clients.
- L'absence de
gestion rationnelle de
l'espace urbain pose le problème
d'aménagement
urbain. Les habitants démunis habitent les zones non
urbanisées. Donc ceux-ci ne
bénéficient pas des
infrastructures urbaines (route, alimentation en eau..). Ils s'exposent
aux inondations et aux maladies épidémiques.
- Le
problème économique
est l'un des facteurs de l'insalubrité. Les pauvres n'ont
pas de
possibilités financières pour avoir des habitats
confortables. Ceux-ci habitent pour la plupart dans des maisons
construites en terre battue. Ce qui les expose beaucoup aux
intempéries avec toutes les conséquences pour
leur
santé