Réseau de Suivi des Activités Liées au
Pétrole au Moyen Chari (RESAP / MC)
Présentation
du RESAP / MC
I. LA ZONE D’INTERVENTION DU RESAP
Le
RESAP travaille dans le Sud du Tchad, dans la région de
l’ex-Moyen-Chari (actuel Moyen-Chari et Mandoul). Cette
région couvre une superficie de 145 000 km2 et compte 888 712
habitants (source recensement général de la population
1993) dont 52% des femmes. Les populations dominantes appartiennent au
groupe ethnique sara. On enregistre en moyenne 900 à 1200mm de
pluies chaque année. La région est arrosées par le
fleuve Chari et ses affluents, le Bar-kôh à Sarh, le
Barh-sara à Moïssala, le Mandoul à Koumra, le
Barh-Aouk, le Barh- Salamat et le Lac Iro à Kyabé qui
fournissent des poissons en toute saison.
Les
activités principales sont l’agriculture, la pêche
et l’élevage. L’agriculture représente 90% de
l’ensemble des activités économiques. Il
s’agit en particulier de la culture de céréales
(mil, sorgho, riz), d’arachide et du coton. Le petit
bétail (moutons et chèvres) et la volaille sont
élevés traditionnellement. Les bovins sont
utilisés avant tout pour les travaux des champs (traction
animale). Des marchés hebdomadaires de grandes importances
existent partout dans les régions.
Contexte actuel
Les
difficultés d’approvisionnement de la population rurale
s’accentuent ces dernières années avec le
dysfonctionnement de la filière coton et le manque
d’organisation de la filière arachidière, 2
principales sources de revenus monétaires des agriculteurs.
Les défis auxquels est confrontée la population rurale
sont nombreux et constituent les principaux obstacles au
développement économique de cette région :
pauvreté, baisse de la fertilité des sols, famine, faible
organisation des producteurs et de la commercialisation des produits
agricoles, etc... Un problème social actuel est le conflit entre
agriculteurs et éleveurs venus du Nord qui se sont davantage
sédentarisés au Sud. Ce conflit se manifeste
essentiellement par la destruction des cultures avant la
récolte.
La situation des autres activités économiques s’est
dégradée ces dernières années. Plusieurs
entreprises industrielles telles que la COTEX (fabrication de textiles)
et la SIVIT (commercialisation de viande) ont fermé leur portes.
La CotonTchad et la Compagnie sucrière du Tchad (CST) battent de
l’aile. Rappelons
qu’à travers le projet de Doba le Tchad est devenu
depuis 2003 un pays producteur du pétrole.
La
région du Moyen Chari géographique connaît
également d’intenses activités de recherches
pétrolières. Des réserves importantes sont
signalées ça et là mais la date exacte du
début de l’exploitation n’est pas connue de la
société civile. Par contre, des activités de
prospection ont déjà eu lieue, entraînant des
dégâts chez de nombreux cultivateurs, dont une partie ont
été dédommagés.
Le 10 mai 2004, il a été signé entre le
consortium pétrolier et le Gouvernement de la République
du Tchad une convention qui régit les travaux de recherches,
d’exploration, d’exploitation et de transport des
hydrocarbures dans les bassins du Chari Est et Chari Ouest,
qui
couvre Dosséo. Cette convention a été
ratifiée par le parlement tchadien en décembre 2004.
Le consortium pétrolier qui opère dans les trois champs
de Bolobo, Miandoum et Komè s’est déporté
dans le bassin pétrole de Dosséo sans prendre des
dispositions pour informer ni les ONG intervenant dans la
région, ni les organisations des populations locales du
démarrage des travaux qui se déroulent actuellement dans
Dosséo Est près de Sarh.
Selon l’Opérateur ESSO, quatre puits seront forés
d’ici la fin de l’année 2006 et environ 350 Km
de sismiques sur une ligne de 4m sont envisagés. Les
localités concernées sont Sako, Tiengaré, Ngondey
et Nya. Le demarrage des travaux est effectif depuis le mois
de
Mai dernier, au lieu de novembre prochain comme prevu, cela,
par
l’installation d’un camp à Sarh et la contruction
d’une route. Il est également prevu la mise en place
de deux plateformes à Sarh I et à Motokaba au Bahr Koh.
L’activité liée au pétrole et la reforme de
la filière coton vont beaucoup modifier l’organisation des
producteurs et la vie économique dans les années à
venir. Finalement, la progression du VIH / SIDA et les multiples
conflits inter-communautaires représentent un problème
important, susceptible de modifier le paysage socio-économique
et environnemental du Sud du Tchad.
II.
PRESENTATION DU RESAP
Le
RESAP
(Réseau de Suivi des Activités Liées au
Pétrole) est un réseau des ONGs, ADHs, syndicats, et de
la presse privée travaillant dans les régions du Moyen
Chari et du Mandoul. La zone d’intervention du RESAP fait partie
des nouvelles zones pétrolifères à exploiter au
Tchad.
Création
Inquiétés
par la présence des équipes de WESTERN ATLAS qui devenait
de plus en plus visible dans la région avec leurs camps, camions
et actions une trentaine d’ONGs, d’ADH ,de Syndicats et de
la Presse privée ont émis le besoin de travailler en
réseau dans le cadre du pétrole depuis Septembre
2001. En février 2002, l’Assemblée
Générale a donné à la structure le nom de
Réseau de Suivi des Activités liées au
Pétrole au Moyen Chari – géographique ( RESAP-MC )
qui jouit du cadre juridique des organisations membres.
Organigramme
Le RESAP
/ MC est un réseau composé de:
- Une
Assemblée Générale d’une trentaine
d’organisations et de personnes de bonne volonté ; Ce
sont entre autres :
Les ONGs : BELACD, APRODEPIT, APIA, APIDO, RAPS, APICA,
GTZ-PEB, CARE
Les associations : CELIAF, ADESE, ADEEB, Mutuelle des
employés de la Coop/Suisse, BESTAF, la Commission Justice et
Paix, AADEL, ARED, OREAD, MUFEC, CFM, TEKOR,
OACF,
DJONTANA II, DIANMADJIBE, AFUD, APDL, Visions Alternatives
Les ADH : LTDH, ATPDH, APLFT
La presse : Radio Lotiko, Radio Brakos
Les syndicats : le SET, l’UST
Les volontaires : Mme BEMADJI RONAYE ALICE, KOULYO
TOKINDANG, MIRANGAYE KOUDROH …
- Un
Conseil d’Orientation dont de neuf membres dont un
Président : BELACD, APICA, CELIAF, GTZ-PEB, RAPS, SET,
ATPDH, COMMISSION JUSTICE ET PAIX, Mutuelle des employés de la
Coop/Suisse.
- Une
Coordination dont :
un
Coordinateur qui a pour la mission la conception
(élaboration, négociation de financement) et la gestion
des projets, la planification et le suivi des activités.
Un Secrétaire Comptable chargé d’assurer la comptabilité et la gestion
financière du reseau
Collaboration
avec les partenaires
Le
RESAP
développe un partenariat en plus de Intermon Oxfam, SWISSAID,
CORDAID et Pain Pour le Monde. Aussi, une collaboration mutuelle est
développée avec les réseaux frères (CPPL et
CPPN) ainsi comme le partenaire technique et stratégique
GRAMP/TC.
Mission
– but – objectifs
Mission
La
mission
du RESAP-MC est de renforcer les capacités de la
société civile pour qu’elle joue pleinement son
rôle de contre pouvoir et devienne maître de son
destin.
But
L’objectif
général du RESAP-MC est de : Renforcer
les capacités de plaidoyer de la société civile
afin qu’elle exige une exploitation équitable des
ressources pétrolières de la région dans le
respect de la dignité humaine et l’équilibre
biologique
Objectifs
spécifiques - Rechercher
et échanger les informations.
- Informer
et sensibiliser les populations sur les enjeux et les
opportunités liées à l’exploitation du
pétrole afin qu’elle contribue à la conservation et
à l’exploitation rationnelle des ressources naturelles,
assurent les conditions de durabilité des systèmes de
production et profitent des opportunités d’emplois
et d’affaires en vue de la réduction de la pauvreté.
- Renforcer
les capacités techniques et organisationnelles des membres et de
la coordination du RESAP pour un réseau plus solide et efficace.
- Mobiliser
les acteurs locaux, nationaux et internationaux pour
l’application des politiques nationales
l’élaboration du plan de développement en vue
d’un changement socio-économique.
- Appuyer
les populations dans la défense de leurs droits et de leurs intérêts
Résultats
et impacts des activités Les
enjeux de l’exploitation du pétrole sont compris et
partagés par les membres du RESAP et des CPGT et la
population cible grâce aux campagnes d’information et de
sensibilisation avec les membres des organisations de base
lors
des visites de suivi, des émissions radios, des journées
d’information, des réunions inter réseaux mais
aussi à travers les documents multipliés et
envoyés par la coordination aux membres. Ceci a
amélioré la compréhension du dossier par bon
nombre de membres, partenaires et autres personnes qui
s’intéressent à la question.
Par rapport à la sensibilisation, des supports
pédagogiques sont en élaboration à INADES
FORMATION afin de renforcer l’impact des actions de
sensibilisation. L’accent est mis sur les groupes cibles pour
qu’ils deviennent plus sensibles et mobilisés par rapport
à leur spécificité et leur rôle dans
le changement social au Moyen Chari. Les chefs
traditionnels sont de plus en plus conscients des enjeux du
pétrole et deviennent des alliés stratégiques dans
le cadre du plaidoyer et en liaison avec les CPGT. Certains initient
des réunions de réflexion avec leurs notables sur des
stratégies à définir pour réduire les
méfaits des travaux de recherches pétrolières. Ce
fut le cas à Bedjondo.
Dans la plupart des cas les chefs traditionnels se sont engagés
à collaborer avec les CPGT pour la défense et la bonne
gestion de leurs terroirs.
Un
plan de communication et de sensibilisation menée par des
communicateurs (Radio Lotiko, Brakoss) en vue d’améliorer
le niveau d’information de la population a été
élaboré mais demeure sans financement.
L’harmonisation
des activités a été amorcée pendant la
formation en ZOOP en décembre 2004. Comme résultats une
vision commune des questions liées au pétrole a
permis de dégager un draft du cadre logique.
Ce qui suppose que les membres du RESAP enrichissent leur planification
stratégique et le montage de leurs projets pour renforcer la
synergie du réseau et pour être plus efficaces dans la
mobilisation des ressources matérielles et financières.
Aussi faut-il souligner que dans ce cadre, plusieurs
séances de travail de planification ont été
réalisées avec l’AFUD, le SET, le RAPS, la CELIAF,
le CRI, l’AADEL.
Les
membres du RESAP impliqués dans l’appui à la mise
en place des réseaux CPGT disposent actuellement chacun
d’un programme pour leur accompagnement qui favorise
l’autonomisation des OB dans un cadre de partenariat
équitable. Il s ‘agit notamment du RAPS, de
l’APICA, du BELACD, de l’APRODEPIT, de l’APIDO, de la
CELIAF. Ayant
participé au lancement de la coalition
tchadienne « publiez ce que vous vous
gagnez ;
publiez ce que vous payez » la coalition régionale
du bassin de doséo a été mis en place. Il
reste le lancement officielle.
Plusieurs
formations ont permis de renforcer la capacité technique des membres et
de la coordination .
Les
grands axes des activités en cours Les axes
prioritaires des activités en cours du RESAP sont les suivants:
- L’information
et la sensibilisation des groupes cibles
- La
recherche d’informations relatives aux travaux de
l’exploitation du pétrole dans les régions du
Mandoul et du Moyen Chari.
- Les
communications.
- L’appui
à la mise en place d’un réseau paysan qui
travaillera avec le RESAP, les CPGT (Comité de Pétrole et
de Gestion des Terroirs), dont plus de 200 ont été
déjà mis en place dans la région du Mandoul,
et du Moyen Chari
- Collaborer
en vue de l’élaboration du plan de développement régional
Les grands axes du programme en
cours La
recherche de l’information en vue d’encourager les
échanges dans le réseau et avec les autres
réseaux aidera à tirer des leçons des
expériences en cours.
Les membres du RESAP, ceux des CPGT's et les partenaires
ont accès aux informations et pourraient
devenir efficaces par rapport à leurs activités
d’informer et de sensibiliser la population. Les
informations échangées seront partagées entre les
partenaires au niveau local, national et international pour une
meilleure coordination des actions de plaidoyer.
La
finalité de l’action est que les populations locales
accèdent à l’information sur l’impact de
l’activité pétrolière sur leurs vies, se
mobilisent et participent á la défense constructive de
leurs moyens de subsistance et des droits de compensation individuels
et communautaires en collaboration avec les organisations de la
société civile.
Les groupes cibles des actions d'information deviennent plus sensibles
et mobilisés par rapport à leur spécificité
et le rôle dans le changement social au Moyen Chari. A
cet effet un plan de communication et de sensibilisation menée
par des communicateurs (Radio Lotiko, Brakoss) en vue
d’améliorer le niveau d’information de la population
sera réalisé.
Les
capacités institutionnelles des organisations membres
seront renforcées pour qu’elles soient plus
représentatives et influencent les décisions politiques
en faveur d’une gestion économique et environnementale de
l’exploitation pétrolière beaucoup plus
transparente et de meilleure qualité dans la région du
Moyen Chari/Mandoul. En
d’autres termes les membres du RESAP et des CPGT renforcent leur
vision en rapport à leur spécificité et secteur
d’intervention pour mieux se positionner dans le réseau et
avec plus de capacité à remplir leurs missions
À
la fin du projet, qu’il soit consolidé un
mécanisme de suivi de la transparence de
l’État dans la gestion des revenus publics et du
pétrole, de même que les aspects sociaux et
environnementaux du projet pétrole et de la mise en oeuvre de la
SNRP. Les
bénéficiaires de ce projet disposent d’un plan
précis leur permettant de participer aux actions de plaidoyer en
vue de la paix et la justice sociale à travers les plans
de développement locaux et régionaux cohérents.
Bulletin
d'information "La Marche"
La création d’un bulletin d’information pour
le RESAP / MC répond aux
dispositions contenues dans notre plan des opérations. Elle est surtout la concrétisation d’un objectif
spécifique, envisagé
comme support médiatique aux actions de monitoring et du plaidoyer des Comités Pétrole et Gestion du Terroir
(CPGTs) et du RESAP / MC.
Liste des
bulletins d'informations "La Marche"
Contacts
Les autres
membres
Présentation de
la région de Sarh
Mise à jour de la
page: 5 octobre 2006